Les chiffres de cette page proviennent principalement du RCP européen de Wegovy, qui regroupe les données des essais STEP 1 à 4 : 2 650 adultes exposés au sémaglutide pendant 68 semaines. Ils décrivent ce qui a été observé chez des personnes traitées dans un cadre médical, avec escalade progressive des doses et suivi régulier. Ils ne disent rien de la qualité d'un produit de recherche, qui n'est pas destiné à l'humain.
Les troubles digestifs, de loin les plus fréquents
Sur la période de 68 semaines, la comparaison avec le placebo est nette :
| Effet | Sémaglutide 2,4 mg | Placebo | Durée médiane |
|---|---|---|---|
| Nausées | 43,9 % | 16,1 % | 8 jours |
| Diarrhées | 29,7 % | 15,9 % | 3 jours |
| Vomissements | 24,5 % | 6,3 % | 2 jours |
| Constipation | 24,2 % | 11,1 % | 47 jours |
| Douleurs abdominales | 19,7 % | 10 % | — |
La plupart de ces épisodes sont d'intensité légère à modérée et surviennent pendant les phases d'augmentation de la dose. La constipation fait exception par sa durée, nettement plus longue. Malgré tout, 4,3 % des patients ont arrêté définitivement le traitement à cause de troubles digestifs. Ces effets s'expliquent en partie par le ralentissement de la vidange gastrique, l'un des mécanismes d'action de la molécule.
Les autres effets fréquents
Le RCP classe comme très fréquents (au moins une personne sur dix) les maux de tête, la fatigue et les troubles digestifs décrits plus haut. Parmi les effets fréquents (entre une personne sur cent et une sur dix) figurent :
- vertiges et altération du goût ;
- gastrite, reflux, dyspepsie, éructations, flatulences et ballonnements ;
- calculs biliaires : 1,6 % des patients, avec une cholécystite chez 0,6 % ;
- perte de cheveux : 2,5 % contre 1,0 % sous placebo, plus souvent chez les personnes ayant perdu au moins 20 % de leur poids ;
- réactions au site d'injection ;
- hypoglycémie et complications de la rétinopathie chez les personnes diabétiques ;
- troubles de la sensibilité cutanée (dysesthésie), dont la fréquence augmente nettement à la dose de 7,2 mg.
La fréquence cardiaque augmente en moyenne de 3 battements par minute, à partir d'une valeur de départ de 72.
Les signaux graves à connaître
Pancréatite aiguë
La pancréatite est un effet de classe des agonistes du GLP-1. Dans les essais de phase 3a, les cas confirmés ont touché 0,2 % des patients sous sémaglutide contre moins de 0,1 % sous placebo ; dans SELECT, les fréquences étaient de 0,2 % et 0,3 %. Une douleur abdominale intense et persistante impose un avis médical.
Rétinopathie diabétique
Dans SUSTAIN 6, les complications de rétinopathie ont concerné 3,0 % des patients diabétiques traités contre 1,8 % sous placebo, surtout chez ceux qui recevaient de l'insuline et avaient déjà une atteinte rétinienne. Une baisse très rapide de la glycémie est l'explication la plus souvent avancée.
Neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique (NOIAN)
C'est le signal le plus récent. Selon le RCP, plusieurs grandes études épidémiologiques suggèrent que l'exposition au sémaglutide chez les adultes diabétiques de type 2 double environ le risque relatif de NOIAN, ce qui représente environ un cas supplémentaire pour 10 000 patients-années. L'effet est classé très rare. Une perte soudaine de la vision doit conduire à consulter un ophtalmologiste.
Autres situations
- Occlusion intestinale : rapportée après commercialisation, fréquence indéterminée.
- Réactions allergiques graves : anaphylaxie et angiœdème ont été rapportés, rarement.
- Déshydratation : vomissements et diarrhées importants peuvent altérer la fonction rénale.
Ce que montrent les études animales
Lors d'études de carcinogénicité de deux ans chez le rat et la souris, le sémaglutide a provoqué des tumeurs non létales des cellules C de la thyroïde. L'EMA les attribue à un mécanisme non génotoxique, propre aux récepteurs du GLP-1 des rongeurs, particulièrement sensibles ; la pertinence pour l'humain est jugée faible mais ne peut pas être totalement exclue. Pour un laboratoire qui conduit des études de longue durée chez le rongeur, c'est un paramètre à intégrer dans l'analyse histologique.
Anticorps et immunogénicité
Comme tout peptide, le sémaglutide peut déclencher la production d'anticorps. Selon le RCP, entre 2,9 et 10,9 % des patients traités par 2,4 mg et 15,3 % de ceux traités par 7,2 mg ont été testés positifs à un moment donné, sans anticorps neutralisants et sans effet apparent sur l'efficacité.
En résumé
Pour comprendre d'où viennent ces données, consultez la page essais cliniques ; pour les termes techniques, le glossaire.